lundi 5 juin 2017

Saison 2017/2018




Les Fêlés de l'orthographe vous accueillent en outre tous les vendredis (voir le calendrier en pages ci-contre) pour deux ou trois séances d'observation (salle de la médiathèque à Bourg-Blanc).

jeudi 1 juin 2017

Les Fêlés au pays des cactus


La dictée


Les cactus, aïe aïe aïe !

Vous pensez que, pour aller à la découverte de ce monde fascinant, quoiqu’un peu piquant, des cactus, il vous faut emprunter quelque long-courrier qui vous transportera dans les déserts de l’Arizona ou du Chihuahua ou encore du côté de cette grande île de l’océan Indien, parfois appelée l’île Rouge ? Nenni, détrompez-vous ! Il existe, à votre porte, à la pointe de Bretagne, un coin de désert inattendu, amoureusement cultivé par deux jardiniers pas tout à fait comme les autres, et où poussent, magiquement, des centaines de ces succulentes parfois hérissées d’aiguillons bien rigides mais inoffensifs pour peu que vous respectiez leur impassibilité d’anachorètes ! Elles sont là, en effet, comme figées dans le temps, méditant sur cette sécheresse à laquelle elles se sont accoutumées ou sur cette immobilité qui contraste tant avec la vie trépidante de tous ceux qui se pressent devant elles, incrédules et émerveillés. 
Leurs formes hétéroclites se font suggestives ! Place à l’imagination ! Le cactus candélabre plante le décor de ces vieux westerns tournés dans les déserts mexicains tant et si bien que l’on s’attendrait presque à voir surgir l’un de ces cow-boys de l’Ouest américain, armé de son fidèle colt. Plus lascives sont ces mâles cactées aux silhouettes phalliques, aux voluptueux cayeux (caïeux), tels des lingas parés à l’heure de la puja [pudʒa]. Mais nulle bayadère à l’horizon !
Les agaves bleus ou vert-jaune règnent ici en maîtres, mais point de pulque fermenté ni d’exquise tequila (téquila). À fleur de sol, les feuilles coriaces de la plante acaule, en forme de lanières rigides ou de raquettes – tels ces oponces communément appelés figuiers de Barbarie -,  se terminent par un dard acéré.  Gare aux doigts imprudents !
Les accros de mots épineux y auront  leur content : entre le yucca arborescent et l’euphorbe lactescente, ils se heurteront aux cymes du kalanchoé !
En effet, pour peu que vous ayez eu la sage précaution de patienter jusqu’aux beaux jours de juin pour votre balade exotique en trompe-l’œil, vous vous extasierez devant un feu d’artifice de couleurs chaque jour renouvelé(es). Des inflorescences roses aux pétales dorés ou aux corymbes orange, c’est un délice pour les yeux !
   Inévitablement, le vieil air de Dutronc me revient alors en mémoire : « Le monde entier est un cactus ! Aïe  aïe  aïe ! »
Texte écrit par Henri Le Guen, relu et validé par André et Pierre-Henri Labat (cactuseraie de Creisméas à Guipavas) et par Philippe Dessouliers du club d’orthographe de Belfort.


         Le lexique
 
quoiqu’un peu piquant
Le e s’élide dans quatre composés de que : jusque, lorsque, puisque et quoique.
Le Chihuahua
Le désert de Chihuahua est l’un des déserts les plus riches du point de vue de la diversité biologique. Il s’étend sur 630 000 km² à travers les États mexicains.
L’océan Indien
Le nom « océan » est un terme générique. Il s’écrit donc avec une minuscule. C’est l’adjectif qui nomme cet océan. Il s’écrit avec la majuscule. Ex. la mer Rouge.
L’île Rouge
Voir l’explication précédente.
Nenni
Vx ou plaisant.  Adverbe de négation. non. Que nenni !
Les succulentes
Bot. Plante succulente ou n. f. succulente, dont les tissus charnus sont riches en eau. syn.  plante grasse.
Un anachorète
Religieux contemplatif qui se retire dans la solitude (opposé à cénobite). Ermite
Un candélabre
Grand chandelier à plusieurs branches. La forme de certains cactus évoque le candélabre, d’où son nom.
L’un de ces cow-boys
Dans les noms composés d’origine anglaise, la marque du pluriel est portée par le 2e terme. Ex.
L’Ouest américain
Les points cardinaux deviennent des noms propres dans trois cas. 1° Quand ils sont employés seuls (le Nord, les mers du Sud, le Sud marocain). 2° Quand ils sont précédés d’un nom propre géographique (l’Asie du Sud-Est). 3° Quand ils désignent, employés seuls, des groupes de pays (l’Ouest renforce sa défense)
Lascif, ive (adj.)
Qui est empreint d'une grande sensualité. érotique, lubrique
Phallique (adj.)
Qui a rapport au phallus, au culte du phallus.  Symboles, chants, danses phalliques.
un cayeu (caïeu, x)
Bulbille qui se développe sur un bulbe. Caïeu de tulipe, d'ail ( gousse).
Le linga (lingam)
Symbole phallique du dieu Shiva, dont le culte est lié à l'idée de création.
 Des lingams, des lingas.
La puja [pudʒa]
Dans l’hindouisme, adoration d’une image sacrée, accompagnée d’offrandes de fleurs, de nourriture (beurre clarifié), de l’ornementation de la divinité vénérée.
La bayadère
Danseuse sacrée de l'Inde.
Un agave
Plante d'origine mexicaine, très décorative, aux feuilles vastes et charnues, dont on tire des fibres textiles ( pite, sisal, tampico) à partir des feuilles, et des boissons de la sève fermentée ( pulque) ou distillée ( mescal, téquila).
Le pulque
Boisson fermentée fabriquée au Mexique avec le suc de certains agaves.
La téquila (tequila)
Alcool d'agave du Mexique
acaule
Sans tige  apparente
Un oponce
Plante grasse (cactées) à tiges aplaties en raquettes portant des tubercules épineux d'où sortent de grandes fleurs. cactus, figuier (de Barbarie), nopal.
▫ On dit aussi opuntia [ɔpɔ̃sja], n. m.
Avoir son content
Être comblé; (cf. Être gâté). Content = contentement, satisfaction
Le yucca
Plante arborescente (liliacées), originaire d'Amérique centrale, à tige ligneuse, dont la hampe florale porte une panicule de fleurs en clochettes rosées ou blanches. Le yucca est ornemental; il peut fournir des fibres textiles. Des yuccas.
L’euphorbe
Plante vivace, renfermant un suc laiteux, représentée par de nombreuses espèces dans le monde.
La cyme
Type d'inflorescence avec un axe principal (distinct de la grappe, sans axe défini).
Le kalanchoé
Plante exotique ornementale, charnue, aux fleurs disposées en cymes.
Un corymbe
Inflorescence dans laquelle les pédicelles (de longueur inégale) s'élèvent en divergeant de sorte que leurs fleurs se trouvent sur un même plan. ombelle
 
 

 
 



mercredi 31 mai 2017

La dictée de la semaine (16/6/2017)



Dictée du 16 juin 2017 

LE THÉÂTRE DU MONDE  

Le monde est un théâtre où se déroulent, dans un continuel changement à vue, les mille et un actes divers du drame et de la comédie humaine (de la comédie et du drame humains). Dans un décor accommodé aux événements (évènements), une troupe hétéroclite, mue par les ressorts d'une psychologie compliquée, noue, concurremment avec la machinerie des faits quotidiens, une intrigue sans cesse changeante. Des acteurs et des comparses de tout âge et de toute(s) condition(s) étalent sur la scène un curieux bariolage : les haillons et les oripeaux y côtoient le velours et le brocart ; des ministres y ont affaire à des lazzaroni (lazaroni ou lazzarones) ; des hommes d'État et des magnats de l'industrie y coudoient des trafiquants et des gagne-petit ; bref, la misère y fait avec le luxe un contraste brutal. 

La politique, la finance, les idéologies sociales mènent le jeu : ce sont elles qui, à l'envi, commandent les bravos, organisent les brouhahas, chuchotent  les apartés, lancent à la cantonade leurs consignes, harcellent (harcèlent) de brocards leurs adversaires, déchaînent (déchainent) les sifflets et les lazzi (lazzis). Telle est parfois l'effervescence qu'elle monte au paroxysme, que la troupe tout entière s'affole et qu'il devient impossible de discerner si les chœurs chantent juste, si les ballets suivent le rythme et si l'orchestre ne détonne pas. 

On ne fait nul (nulle) relâche : chaque jour, chaque heure amène de nouvelles péripéties, que d'habiles impresarios (imprésarios) se sont donné pour tâche d'inonder de lumière ou d'envelopper d'ombre et de mystère. Tantôt c'est une sombre tragédie aux imbroglios pathétiques, tantôt c'est une comédie tout émaillée de facéties ou de gais quiproquos, tantôt c'est une farce ou une bouffonnerie qui soulève(nt)dans le public une hilarité des moins raffinées. 

Ainsi, secouée par les rires ou par les sanglots, ballottée (ballotée) entre la tristesse et la gaieté (gaîté ou gaité), passe la vie humaine sur la scène du monde.
 

                                                                  Auteur inconnu 

Texte présenté par J.P. Le Clézio, prélevé dans le livre intitulé La Force de l'orthographe                      de Grevisse, imprimé en Belgique ; 3e édition revue par André Goosse qui fait partie de l'Académie royale de langue et de littérature françaises. 

Commentaires-Explications 

Mille et un : désigne un grand nombre imprécis. Pour un nombre précis, on dit mille un (1001).

Évènement : l'accent aigu ou l'accent grave sont acceptés sur le deuxième e.

Concurremment : dérivé de concurrent ; s'écrit avec deux r et deux m. Se prononce [kɔ̃kyʀamɑ̃]

Avoir affaire à : l'écriture avoir à faire est acceptée.

Harcellent : ou harcèlent, selon Littré et selon les Rectifications qui  prônent une règle générale.

Déchaîner : déchainer sans accent sur le i est accepté, selon les Rectifications.

Relâche : masculin pour l'Académie, quand le nom signifie « interruption » (dans une situation pénible, un effort ; dans une série de représentations théâtrales). Mais féminin quand il signifie un endroit où un bateau peut faire escale. Cependant, le féminin tend à se généraliser dans l'usage.

Gaieté : on écrit aussi gaîté dans certains dictionnaires.

Brocart : nom avec un t ; étoffe de soie brochée d'or ou d'argent.

Lazzarone ou lazarone  [ladzaʀɔne; lazaʀɔn] : homme du bas peuple de Naples. Prononciation à l'italienne : un la-dzaro-né, des lazzaroni; ou à la française la-za-ro-n', des lazzarones, ce qui irait dans le sens des Rectifications.

Des hommes d'État : État prend la majuscule quand il signifie « nation organisée politiquement ».

Magnat : gros capitaliste.

Gagne-petit : celui dont le métier rapporte peu. Selon la tradition, ne varie pas au pluriel. L'Académie (1996) recommande : un gagnepetit, des gagnepetits.

Idéologie : théorie, développement sur des idées abstraites.

À l'envi : à qui mieux mieux. Sans e final, au contraire de l'envie.

Aparté : ce qu'un acteur est censé se dire à lui-même, sans que l'entendent les autres acteurs qui sont en scène.

À la cantonade : en s'adressant ou en semblant s'adresser vers la coulisse, à un personnage hors de la scène.

Brocard : nom avec un d ; raillerie piquante.

Lazzi : prononcer la-dzi à l'italienne, ou la-zi à la française.

Paroxysme : le plus haut degré.

Détonner : sortir du ton. À distinguer de détoner, faire explosion.

Impresario : (prononcer in-pré-sa-rio, et non -za-), ou imprésario selon les Rectifications. Chef d'une entreprise théâtrale (sens ancien). Le pluriel impresarii est une pédanterie inutile.

Imbroglio : prononcer in-brog-lio ou mieux in-bro-lio. Situation confuse.

Facétie : prononcer fa-sé-si. Grosse plaisanterie.

Quiproquo : prononcer ki-pro-ko. Erreur qui fait prendre une personne, une chose pour une autre.

Farce : pièce de théâtre bouffonne , d'un comique bas et grossier.                                                                     

 

 

samedi 19 novembre 2016

Il est interdit d'interdire ...


 
Cela fait un peu désordre sur les trottoirs d'une belle ville française !